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« Wè pa wè ap gen eleksyon » : le pari risqué du PM Alix Didier Fils-Aimé face à la machine de l’insécurité

  • 21 mai
  • 2 min de lecture


À l’occasion de la célébration de la fête du drapeau, le 18 mai 2026, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a affirmé avec fermeté que des élections auront lieu en Haïti, malgré la crise sécuritaire qui continue de secouer le pays.


Dans son discours, le chef du gouvernement a déclaré que, « wè pa wè ap gen eleksyon», une déclaration qui suscite à la fois interrogations, inquiétudes et scepticisme au sein de la population.


Cette déclaration intervient pourtant dans un contexte particulièrement fragile. Depuis plusieurs années, les groupes armés étendent leur contrôle sur plusieurs zones stratégiques du pays, notamment dans le département de l’Ouest et celui de l’Artibonite, considérés parmi les plus grands départements démographiquement d’Haïti. Dans plusieurs communes, la présence de l’État est quasiment inexistante, tandis que des milliers de familles vivent sous la menace constante des violences, des enlèvements et des affrontements armés.


Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, de nombreux quartiers restent sous l’emprise de gangs lourdement armés. Des axes routiers importants sont contrôlés par des groupes criminels, compliquant les déplacements de la population et des autorités. Cette situation soulève une question fondamentale : comment organiser des élections crédibles dans un pays où une grande partie du territoire échappe au contrôle de l’État ?


L’organisation d’élections nécessite pourtant plusieurs garanties essentielles : la libre circulation des électeurs, la sécurité des centres de vote, la distribution du matériel électoral, ainsi qu’un minimum de stabilité institutionnelle. Or, dans le contexte actuel, plusieurs zones demeurent inaccessibles ou extrêmement dangereuses, même pour les forces de l’ordre.


Au-delà des défis logistiques, c’est également la question de la participation citoyenne qui se pose. Beaucoup de déplacés internes ont abandonné leurs maisons à cause des violences armées. Des milliers de citoyens vivent aujourd’hui dans des camps de fortune ou dans des conditions précaires. Dans ces circonstances, il devient difficile d’imaginer une mobilisation électorale massive et sereine.


Malgré cela, les autorités continuent d’afficher leur volonté d’organiser le scrutin afin de rétablir l’ordre constitutionnel après plusieurs années sans élections. Le gouvernement affirme vouloir avancer simultanément sur les questions sécuritaires et électorales.


Cependant, plusieurs observateurs estiment que sans une amélioration significative de la sécurité, les élections risquent d’être partielles, contestées ou même impossibles dans certaines régions du pays. Pour beaucoup, la priorité demeure avant tout la reprise du contrôle des territoires occupés par les gangs armés afin de garantir un processus électoral inclusif, transparent et démocratique.


Ainsi, la déclaration du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé traduit une volonté politique claire, mais elle se heurte à une réalité sécuritaire alarmante qui continue de fragiliser l’avenir démocratique d’Haïti.


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