Quand le journalisme militant maquille l’opportunisme politique : le cas Richardson Séraphin et Moïse Jean-Charles
- 28 janv.
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L’enthousiasme presque obsessionnel du journaliste Richardson Séraphin autour des prises de position récentes de Moïse Jean-Charles soulève de profondes interrogations, non seulement sur la lecture politique proposée, mais surtout sur la compréhension même du métier de journaliste. Car le journalisme n’est ni une tribune partisane ni un exercice de fidélité idéologique : il exige rigueur, distance critique et, avant tout, respect du public en particulier des masses populaires qu’on prétend défendre.
Les faits, pourtant, sont clairs.
Moïse Jean-Charles n’est ni un acteur nouveau ni une figure politiquement ambiguë par accident. Son parcours est marqué par des revirements constants, des alliances de circonstance et un usage stratégique du discours populiste à des fins personnelles. En 2024, il instrumentalisait la question russe pour rompre avec Guy Philippe et justifier son intégration au Conseil présidentiel de transition (CPT). En 2026, il se présente soudain comme défenseur de la « consommation populaire », tout en soutenant une résolution visant à la destitution du Premier ministre, dans un contexte de fragilité institutionnelle extrême.
Face à une telle trajectoire, le rôle du journaliste devrait être d’analyser, de comparer, de questionner la cohérence et d’alerter l’opinion. Richardson Séraphin choisit l’inverse : il applaudit, accompagne, justifie. Chaque prise de position de Moïse Jean-Charles est présentée comme un acte de courage politique, sans mise en perspective, sans rappel des contradictions passées, sans interrogation sur les véritables motivations.
Ce glissement n’est pas anodin. Il traduit une confusion grave entre journalisme et militantisme. Or, un journaliste digne de ce nom ne s’érige pas en agent de communication d’un acteur politique. En refusant la distance critique, Richardson Séraphin renonce à l’essence même de sa profession. Il ne documente plus la réalité : il la façonne pour servir un récit.
Plus préoccupant encore, cette posture est profondément irrespectueuse envers les masses populaires , les paysans, les habitants des quartiers populaires, les citoyens ordinaires. Car leur intelligence est sous-estimée. Leur vécu est instrumentalisé. On leur sert un discours romantisé, déconnecté des conséquences réelles des stratégies de déstabilisation politique, souvent menées en leur nom mais rarement dans leur intérêt.
En glorifiant les manœuvres de Moïse Jean-Charles sous couvert de fidélité à une prétendue doctrine Lavalas, Richardson Séraphin contribue à normaliser un discours de confrontation et de chaos, tout en effaçant la responsabilité des acteurs politiques dans l’aggravation de la crise. Présenter ces stratégies comme des actes de résistance populaire revient à travestir l’histoire récente et à tromper délibérément l’opinion.
Moïse Jean-Charles n’est donc pas méconnaissable. Il est, au contraire, parfaitement reconnaissable : constant dans l’inconstance, capable d’actions compatibles avec une ligne idéologique de droite dure, tout en utilisant un vocabulaire et des symboles de gauche pour séduire les masses. Ce qui change, ce n’est pas l’homme, mais le regard complaisant de ceux qui refusent de le nommer pour ce qu’il est.
Le véritable problème dépasse la personne de Moïse Jean-Charles. Il réside dans l’attitude de certains communicants qui se réclament du journalisme sans en respecter les fondements. Car le journalisme est un métier de responsabilité. Il exige honnêteté intellectuelle, respect du public et courage critique. Lorsqu’un prétendu journaliste y renonce, il ne trahit pas seulement sa profession : il trahit le peuple qu’il prétend défendre.
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