Les leaders religieux mobilisés pour la paix, pendant que l’insécurité demeure inchangée en Haïti
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La Conférence nationale des leaders religieux pour la paix, la cohésion sociale et la sécurité, tenue ce 28 mai 2026 à l’Hôtel Oasis, s’inscrit dans un contexte haïtien marqué par une crise sécuritaire persistante et une fragilité institutionnelle profonde. Si l’initiative portée par le ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC) peut être perçue comme un effort de dialogue inclusif, elle soulève néanmoins plusieurs interrogations sur sa portée réelle et ses résultats concrets.
D’un côté, la mobilisation des leaders catholiques, protestants et vodouisants constitue un signal important en faveur de la cohésion sociale. Dans un pays où les divisions sociales et politiques sont souvent amplifiées, l’implication des figures religieuses peut jouer un rôle symbolique fort dans la promotion de la paix et de la tolérance. Le discours de la ministre Raïna Forbin, mettant en avant la dimension spirituelle de la reconstruction nationale, traduit cette volonté de s’appuyer sur des repères moraux et communautaires.
Cependant, au-delà des déclarations d’intention, la question de l’efficacité de telles rencontres reste posée. Depuis plusieurs années, Haïti multiplie les forums, conférences et dialogues nationaux sur la sécurité et la paix, sans que la situation sur le terrain ne connaisse d’amélioration significative. L’insécurité continue d’affecter les zones urbaines comme rurales, tandis que les populations déplacées attendent encore des réponses structurelles durables.
Par ailleurs, l’accent mis sur l’accompagnement des jeunes et des déplacés internes par le gouvernement, bien que pertinent, demeure pour l’instant largement déclaratif. Sans mécanismes clairs de mise en œuvre, de suivi et de financement, ces engagements risquent de rester au stade des promesses politiques.
Enfin, la participation du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, et la réaffirmation de la volonté d’organiser des élections générales s’inscrivent dans une dynamique politique importante. Toutefois, l’organisation d’élections dans un contexte d’insécurité généralisée et de méfiance institutionnelle soulève des préoccupations majeures sur leur crédibilité et leur inclusivité.
En somme, cette conférence met en lumière une volonté de dialogue et d’unité nationale, mais révèle également un défi récurrent en Haïti : la difficulté de transformer les discours en actions concrètes et mesurables sur le terrain.
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