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La CAS s’éloigne de sa mission : quand l’assistance sociale devient un outil politique

  • 22 mai
  • 2 min de lecture

Alors que la crise sociale et humanitaire continue de frapper des milliers de familles haïtiennes, la Caisse d’Assistance Sociale (CAS) multiplie des interventions qui soulèvent de nombreuses interrogations sur le véritable rôle de l’institution.


Après une visite au camp MSF de Delmas 33, des techniciens de la CAS ont été déployés au Champ-de-Mars, le mercredi 20 mai 2026, dans le cadre d’une opération présentée comme une action de relance économique en faveur de 300 marchands.


Selon les autorités, cette démarche s’inscrit dans la volonté du gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de « redonner vie » au Champ-de-Mars. La CAS, dirigée par Jhony Raphaël, prévoit ainsi d’apporter une assistance économique à plusieurs commerçants, sous les instructions du ministre des Affaires sociales et du Travail Marc Élie Nelson.


Cependant, cette initiative provoque des critiques dans plusieurs secteurs. Des observateurs dénoncent une dérive de la mission première de la CAS, institution censée venir prioritairement en aide aux personnes les plus vulnérables : déplacés internes, familles en situation d’extrême précarité, personnes âgées ou encore victimes de catastrophes.


Pour certains acteurs sociaux, financer ou relancer des activités commerciales au Champ-de-Mars relève davantage d’une opération économique ou politique que d’une véritable assistance sociale. Ils estiment que la CAS risque de devenir un instrument de visibilité gouvernementale, au détriment de sa vocation humanitaire.


Dans un contexte marqué par l’insécurité, la faim et la multiplication des camps de déplacés, plusieurs voix appellent les autorités à recentrer les ressources publiques sur les urgences sociales réelles. Pendant que des milliers de familles survivent sans accès stable à la nourriture, aux soins ou à un logement décent, l’utilisation des fonds de la CAS pour des opérations à caractère économique suscite malaise et incompréhension.


Au-delà des annonces officielles, cette nouvelle intervention relance donc le débat sur la gestion des priorités sociales de l’État et sur la nécessité pour les institutions publiques de respecter strictement leurs missions fondamentales.


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