Insécurité et transport maritime : le RHAJAC dénonce un système économique opaque dans le Grand Sud
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Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) appelle les autorités haïtiennes à ouvrir une enquête indépendante sur ce qu’il présente comme un possible réseau économique profitant du blocage prolongé des routes menant vers le Grand Sud du pays.
Dans une note publiée ce jeudi 28 mai 2026, l’organisation affirme que la fermeture partielle de plusieurs axes stratégiques entre Mariani et Gressier ne représente pas uniquement un problème sécuritaire, mais également un enjeu économique majeur alimentant des circuits financiers opaques.
Selon le RHAJAC, la difficulté d’accès terrestre au Grand Sud aurait entraîné le développement accéléré du transport maritime de passagers, de marchandises et de véhicules, devenu pour plusieurs usagers l’unique alternative afin de rejoindre certaines régions du pays.
L’organisation soutient que cette situation aurait favorisé l’émergence d’activités générant d’importants revenus pour certains opérateurs, alors que les populations concernées continuent de subir les conséquences de l’isolement, notamment la hausse des coûts de transport, la rareté de certains produits et l’augmentation des prix sur les marchés locaux.
Le réseau s’appuie notamment sur des déclarations attribuées à Diclos Bénissoit, coordonnateur général du Mouvement unifié des transporteurs haïtiens (MUTH), qui avait évoqué publiquement l’existence présumée de complicités impliquant des acteurs du transport maritime, des groupes armés ainsi que certains individus liés aux forces de l’ordre.
D’après ces dénonciations, des sommes importantes seraient exigées pour le transport de véhicules et de marchandises par voie maritime, alimentant un système économique parallèle profitant du maintien de l’insécurité sur les routes nationales.
Le RHAJAC rappelle également que le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, avait lui-même reconnu l’existence d’intérêts économiques autour du blocage des routes menant vers le Grand Sud, au-delà des seules activités des groupes armés.
L’organisation mentionne aussi plusieurs accusations relayées ces dernières années par le média Satellite509 au sujet de présumés liens entre certains opérateurs économiques et l’insécurité dans la région. Elle cite notamment les controverses entourant l’homme d’affaires Steeve Khawly ainsi que les sanctions imposées par le Canada en 2023 contre certaines personnalités haïtiennes accusées d’alimenter l’instabilité dans le pays.
Face à ces éléments, le RHAJAC estime qu’il devient urgent pour les autorités judiciaires et les institutions de contrôle de faire toute la lumière sur les revenus générés par ce système présumé ainsi que sur les éventuelles protections dont bénéficieraient certains réseaux.
L’organisation prévient enfin que l’absence d’investigations approfondies et de réponses publiques risque de renforcer davantage la méfiance de la population et les soupçons autour de possibles complicités institutionnelles dans la persistance du blocage du Grand Sud.
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