Haïti/Élections : entre promesses et scepticisme, une nouvelle réunion sans calendrier précis
- 19 juin
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Le Gouvernement haïtien, le Conseil électoral provisoire (CEP) et des représentants des partis politiques se sont réunis le vendredi 19 juin 2026 pour faire le point sur l’avancement du processus électoral.

À l’issue de la rencontre, les participants ont réaffirmé leur engagement en faveur d’élections « libres, crédibles, transparentes et inclusives » et annoncé la poursuite des consultations afin d’accélérer les préparatifs électoraux.
Si le communiqué officiel se veut rassurant, il soulève néanmoins plusieurs interrogations. En effet, aucun calendrier électoral précis n’a été rendu public, alors que la population attend depuis plusieurs années un retour à l’ordre constitutionnel. Les autorités évoquent une volonté commune d’organiser rapidement les scrutins, mais sans indiquer de dates ni d’étapes concrètes permettant d’évaluer les progrès réalisés.
Cette nouvelle réunion intervient dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante. Plusieurs régions du pays demeurent sous l’influence de groupes armés, une réalité qui représente un défi majeur pour l’organisation d’élections inclusives et sécurisées. Or, le communiqué ne précise pas comment les autorités comptent garantir la participation des électeurs vivant dans les zones les plus affectées par l’insécurité.
Par ailleurs, si le Gouvernement promet de mettre à la disposition du CEP les ressources nécessaires à l’accomplissement de sa mission, de nombreux observateurs estiment que la réussite du processus dépendra autant de la disponibilité des moyens financiers que de la confiance des citoyens envers les institutions chargées d’organiser les élections.
La rencontre témoigne certes d’une volonté de dialogue entre les différents acteurs politiques, mais elle risque d’être perçue comme un exercice de communication si elle n’est pas rapidement suivie de mesures concrètes. Pour une grande partie de la population, les déclarations d’intention ne suffisent plus : ce sont désormais les actions, les échéances claires et les résultats tangibles qui permettront de juger de la crédibilité du processus.
Alors que les autorités assurent que « toutes les dispositions sont en cours » pour permettre au pays de renouer avec la normalité démocratique, le défi reste immense. La tenue d’élections crédibles ne dépendra pas uniquement des engagements affichés autour de la table, mais aussi de la capacité de l’État à rétablir la sécurité, renforcer la confiance publique et respecter un calendrier électoral transparent.
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