
Haïti : la spirale de la violence s’aggrave, l’ONU alerte sur une crise hors de contrôle
- 8 mai
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La crise sécuritaire en Haïti atteint un niveau alarmant au début de l’année 2026. Selon un rapport du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti publié ce 8 mai, la violence armée a causé la mort de 1 642 personnes et fait 745 blessés entre janvier et mars, confirmant une détérioration continue de la situation dans le pays.
Les Nations Unies décrivent un environnement marqué par l’expansion des groupes armés, malgré certaines opérations menées par les forces de sécurité dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Plusieurs quartiers restent sous influence de gangs, tandis que la violence s’étend désormais vers l’Artibonite et le Centre, aggravant l’insécurité pour des milliers de familles.
Le rapport met en évidence des formes de violence particulièrement graves : assassinats ciblés, enlèvements, violences sexuelles et destructions systématiques de biens. L’ONU rapporte également des cas impliquant des mineurs enrôlés par des gangs, utilisés comme guetteurs ou exécutés pour des comportements jugés « fautifs ».
Dans les zones rurales, notamment dans le Bas-Artibonite, des attaques coordonnées ont provoqué des massacres de civils. Des habitants auraient été pris pour cible dans leurs maisons, dans des opérations menées de nuit par des groupes armés lourdement organisés.
Le document souligne aussi la forte hausse des violences sexuelles, touchant principalement des femmes et des adolescentes. Ces actes sont décrits comme des outils de domination et de terreur utilisés par les groupes criminels pour contrôler les populations locales.
Parallèlement, l’ONU s’inquiète des conséquences des opérations de sécurité. Une part importante des victimes aurait été enregistrée lors d’interventions des forces de l’ordre, parfois appuyées par des technologies militaires. Des civils, dont des enfants, figurent parmi les victimes collatérales de ces actions.
Le rapport évoque également des accusations d’abus impliquant certains membres de la police, qui font l’objet d’enquêtes internes. Ces allégations renforcent les préoccupations concernant le respect des droits humains dans les opérations anti-gangs.
Face à cette situation, les Nations Unies appellent à une réponse urgente et coordonnée, incluant le renforcement de la justice, la lutte contre le trafic d’armes et une meilleure protection des populations civiles, alors que la crise haïtienne continue de s’aggraver sans perspective d’amélioration rapide.
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