Course aux 30 000 membres : plusieurs partis dénoncent les manœuvres présumées du DG de l’ONI en faveur de certains groupements politiques

À l’approche des prochaines élections, la course aux 30 000 membres exigés pour les formations politiques suscite de vives inquiétudes dans le milieu politique haïtien.
Plusieurs partis et groupements politiques dénoncent des pratiques qu’ils qualifient de frauduleuses et accusent le directeur général de l’Office national d’identification (ONI), Reynold Guerrier, de favoriser certaines structures politiques dans leur démarche visant à atteindre le seuil des 30 000 membres requis par le Conseil électoral provisoire (CEP).
Selon les dénonciations de plusieurs responsables politiques, le directeur général de l’ONI aurait multiplié les rencontres avec des membres et des représentants de certaines structures politiques afin de faciliter leur mobilisation.
Ces accusations prennent une dimension particulière dans un contexte où une partie importante de la population attend encore de récupérer sa carte d’identification nationale.
Les 30 000 membres, un enjeu électoral majeur
Dans le cadre du processus électoral, le CEP exige des formations politiques qu’elles disposent d’une liste comprenant au moins 30 000 membres, conformément aux dispositions établies pour leur participation au processus électoral.
Cette exigence a ainsi transformé le chiffre de 30 000 en un véritable objectif politique.
Pour atteindre ce seuil, les partis doivent mobiliser des milliers de citoyens, organiser des rencontres et déployer d’importants moyens humains, logistiques et financiers.
C’est précisément cette mobilisation qui alimente aujourd’hui les soupçons et les accusations de plusieurs formations politiques.
L’ONI accusé de favoriser certains partis
Des acteurs politiques affirment que certaines formations bénéficieraient de facilités particulières dans leur démarche pour atteindre les 30 000 membres.
Ils soupçonnent notamment le directeur général de l’ONI d’utiliser sa position et les moyens liés à l’institution pour faciliter la mobilisation de citoyens au profit de certains groupements politiques.
Si ces accusations étaient confirmées, elles constitueraient une grave atteinte au principe de neutralité d’une institution publique.
L’ONI est avant tout chargé de l’identification des citoyens. Son rôle ne devrait donc pas être associé à la promotion ou au renforcement d’une quelconque structure politique.
Le paradoxe de la carte d’identification nationale
La controverse soulève également une question qui mérite des explications.
Alors que de nombreux citoyens rencontrent encore des difficultés pour récupérer leur carte d’identification nationale, des partis politiques affirment que des démarches seraient entreprises pour mobiliser des citoyens dans le but de permettre à certaines formations d’atteindre rapidement le seuil électoral de 30 000 membres.
Cette situation crée un paradoxe inquiétant.
Comment expliquer que des citoyens puissent attendre leur carte d’identification alors que, parallèlement, cette même identification est au cœur d’une bataille politique visant à constituer des listes de membres ?
Une opération qui nécessite d’importants moyens
Atteindre 30 000 membres ne constitue pas une opération anodine.
Il faut mobiliser des milliers de personnes, organiser des rencontres, assurer la logistique et disposer de ressources financières importantes.
D’où les questions soulevées par plusieurs partis :
Qui finance cette mobilisation ?
Qui organise les rencontres avec les membres ?
Quel rôle exact l’ONI joue-t-il dans ces démarches ?
Les mêmes facilités sont-elles offertes à toutes les formations politiques ?
Et surtout :
des ressources ou des données publiques sont-elles utilisées pour favoriser certains partis dans la course aux 30 000 membres ?
Des accusations qui nécessitent des vérifications
Les accusations formulées par plusieurs partis politiques sont suffisamment sérieuses pour mériter une vérification indépendante.
Il ne s’agit pas de condamner une personne sur la base de simples accusations, mais de demander que toute la lumière soit faite sur les pratiques dénoncées.
Si les accusations visant Reynold Guerrier sont infondées, les vérifications permettront de rétablir les faits.
Mais si elles sont confirmées, les responsabilités devront être établies et des mesures appropriées devront être prises.
Car l’enjeu dépasse aujourd’hui la personne du directeur général de l’ONI.
Il concerne la neutralité des institutions publiques, l’équité entre les formations politiques et la crédibilité du prochain processus électoral.
L’État ne doit pas devenir un outil électoral
Dans une démocratie, aucune institution publique ne devrait être utilisée pour favoriser un parti ou un groupement politique au détriment de ses concurrents.
La carte d’identification nationale est un document de l’État. Elle appartient aux citoyens et doit être administrée dans le respect des principes de neutralité, d’égalité et de transparence.
À l’approche des élections, les autorités compétentes, notamment le CEP, doivent donc veiller à ce que la course aux 30 000 membres se déroule dans des conditions équitables pour toutes les formations politiques.
Les 30 000 membres ne doivent pas devenir 30 000 raisons de détourner les institutions publiques de leur mission.
La question demeure désormais entière :
Reynold Guerrier et l’ONI sont-ils réellement en train de jouer un rôle dans la constitution des listes politiques de 30 000 membres, et certaines formations bénéficient-elles d’un traitement privilégié ?
Une réponse claire et documentée s’impose.




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