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Cap-Haïtien : après le passage catastrophique de la mairesse Angie Bell, c’est le tour d’un nouveau groupe de conzé à la tête de la mairie

  • 23 mai
  • 2 min de lecture


Après le passage désastreux d’Angie Bell à la tête de la mairie du Cap-Haïtien, c’est le tour d’un nouveau cartel de prendre les rênes, avec les mêmes problèmes persistants.


Dans ce contexte, les changements successifs à la tête de la municipalité donnent l’impression d’un simple recyclage d’acteurs plutôt que d’une véritable rupture dans la gouvernance locale. Les mêmes pratiques, les mêmes limites administratives et les mêmes promesses reviennent, pendant que les besoins réels de la population restent largement sans réponse.


La mise en place d’une nouvelle commission municipale provisoire à la tête de la ville du Cap-Haïtien, composée de Michel Saint Croix, Edeline Jean et Me Micardo Vreus, s’inscrit dans une logique de transition administrative devenue presque cyclique dans la gestion des collectivités territoriales en Haïti.


Cette installation intervient dans un contexte de fortes attentes citoyennes, mais aussi de profond scepticisme, nourri par des expériences passées où les changements d’équipes n’ont pas toujours été synonymes d’amélioration tangible des services publics. À chaque nouvelle configuration administrative, la population espère une rupture réelle avec les pratiques de gestion inefficaces, sans pour autant percevoir, dans la durée, des résultats structurels durables.


Le défi principal de cette nouvelle commission ne réside pas uniquement dans la gestion quotidienne de la commune, mais dans sa capacité à rétablir un minimum de confiance entre l’administration municipale et les citoyens. Or, cette confiance est aujourd’hui fragilisée par une perception générale de gouvernance instable, souvent marquée par des transitions répétées, des priorités changeantes et une faible continuité institutionnelle.


Dans ce type de configuration provisoire, la tentation est souvent grande de se limiter à une gestion d’attente, centrée sur la continuité administrative plutôt que sur des réformes profondes. Pourtant, les défis du Cap-Haïtien — urbanisation désordonnée, services publics insuffisants, gestion des infrastructures, et pression sociale croissante — exigent bien plus qu’une simple gestion intérimaire.


La présence de profils diversifiés au sein de la commission, notamment issus du droit et de la gestion publique, peut constituer un atout si elle est mobilisée dans une logique de rigueur et de résultats. Mais l’expérience montre que la compétence individuelle ne suffit pas lorsque le cadre institutionnel reste fragile et fortement dépendant des décisions politiques centrales.


Au-delà des individus, c’est donc le modèle de gouvernance des communes qui est une nouvelle fois interrogé. Tant que les autorités locales resteront dans une logique de commissions successives, sans véritable autonomie ni vision de long terme, chaque nouvelle équipe risque d’être perçue comme une transition de plus, plutôt que comme un véritable levier de transformation.


Dans ce contexte, la question essentielle demeure : cette nouvelle commission municipale sera-t-elle capable d’inverser la tendance et d’imposer une dynamique de résultats, ou s’inscrira-t-elle simplement dans la continuité d’un système où les attentes citoyennes dépassent largement les capacités d’action réelles ?


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